Le géant britannique de l’agroalimentaire et des produits d’hygiène Unilever, dont le bénéfice a baissé l’an dernier, remplace son directeur général, Hein Schumacher, après moins de deux ans en poste. L’objectif annoncé est d’accélérer le plan de restructuration du groupe.
Hein Schumacher quittera ses fonctions le 1er mars, une décision "d’un commun accord", a assuré le groupe mardi 25 février, dans un communiqué, quelques semaines après l’annonce d’un bénéfice en repli de 11% en 2024. Il sera remplacé par Fernando Fernandez, actuel directeur financier.
"Bien que le Conseil d’administration soit satisfait des performances d’Unilever en 2024, il reste encore beaucoup à faire pour obtenir les meilleurs résultats" possibles, a commenté le président du Conseil d’administration, Ian Meakins, cité dans le communiqué.
M. Schumacher avait pris la tête du groupe connu pour les savons Dove, les déodorants Axe ou les soupes Knorr, à l’été 2023, alors que la stratégie de son prédécesseur Alan Jope était questionnée par des investisseurs, dont le fonds activiste Trian du milliardaire américain Nelson Peltz, qui siège au Conseil d’administration.
Sous pression pour améliorer les performances, le Néerlandais de 53 ans avait dévoilé il y a un an un plan stratégique pour se focaliser sur 30 marques "motrices" représentant conjointement 70% des recettes de l’entreprise.
Départ de Russie
En mars dernier, il avait annoncé la scission de la division glaces (qui compte les marques Ben & Jerry’s ou Magnum notamment) et lancé pour doper les marges un plan d’économies prévoyant 7.500 suppressions d’emplois, près de 6% des effectifs.
Mais le groupe a été pénalisé l’an dernier par des pertes liées notamment à son départ de Russie et par les coûts de son plan de restructuration, qui ont pesé sur son résultat. Il prévoit en outre "un début d’année 2025 ralenti".
Unilever traverse un "moment délicat" avec "le moral des consommateurs au plus bas, notamment aux États-Unis et en Chine", résume Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB.
Et même si le cours de l’action du groupe a progressé sous la direction de M. Schumacher, "l’accent mis sur les volumes plutôt que sur l’augmentation des prix n’a pas eu le succès escompté", poursuit l’analyste.
Le plan stratégique a cependant "mis Unilever sur la voie d’une performance améliorée", a ajouté le président Meakins, assurant être "reconnaissant" à M. Schumacher. Mais le Conseil d’administration veut désormais "accélérer la mise en oeuvre".
Il reviendra désormais à Fernando Fernandez, un Argentin de 58 ans, de "fournir aux actionnaires la valeur que le potentiel de l’entreprise exige", a-t-il poursuivi.
Avant de devenir directeur financier en janvier 2024, M. Fernandez avait occupé le poste de président de la division "beauté et bien-être" - segment qui a connu la plus forte progression du chiffre d’affaires l’an dernier. Homme du sérail, il a également été président du groupe pour la région Amérique latine, directeur général au Brésil et aux Philippines.
Le nouveau patron recevra un salaire fixe annuel d’1,8 million d’euros, 50.000 euros de moins que son prédécesseur, et pourra recevoir des primes en fonction de sa performance, a précisé le groupe.