Le géant français des cosmétiques, L’Oréal, "très satisfait" de son année 2024 malgré un contexte "perturbé" avec notamment un marché chinois qui tarde à repartir, entend faire de 2025 une année de "conquête", a-t-il annoncé jeudi 6 février.
Il a publié un bénéfice net pour 2024 en hausse de 3,6% à 6,4 milliards d’euros, des ventes en progression de 5,6% à 43,5 milliards d’euros et une marge d’exploitation "record" de 20%.
"Compte tenu du contexte qui a quand même été pour le moins perturbé, on est globalement très satisfait de cette année", a déclaré à l’AFP le directeur général de L’Oréal, Nicolas Hieronimus.
La Chine toujours à l’arrêt
"On espérait tous un rebond du marché chinois. On s’est rendu compte assez rapidement dans l’année, mais particulièrement à la mi-année, que cet écosystème ne repartait pas", a expliqué M. Hieronimus, soulignant cependant une "très belle année en Europe" et "une belle année aux États-Unis".
Alors que les ventes en Asie du Nord reculent de 3,4% sur un an à 10,3 milliards d’euros, celles en Europe progressent de 9,3% à 14,2 milliards d’euros et en Amérique du Nord de 5,9% à 11,8 milliards d’euros.
"L’accélération" des ventes dans les pays émergents se confirme et ces ventes "représentent aujourd’hui presque 17% du chiffre d’affaires" du groupe, soit "plus que la Chine", a souligné Nicolas Hieronimus. Les régions Asie du sud, Pacifique, Moyen-Orient, Afrique voient ainsi leur chiffre d’affaires progresser de 12% à 3,86 milliards d’euros, et l’Amérique Latine de 13,3% à 3,3 milliards d’euros.
Les ventes des marques de luxe, dont Lancôme, Yves Saint Laurent et Giorgio Armani, ont progressé de 4,5% à 15,59 milliards d’euros, portées par la demande nord-américaine.
Phase de conquête
Concernant l’année 2025, L’Oréal la considère "évidemment avec prudence, parce qu’il y a quand même beaucoup d’incertitudes. Chaque jour une nouvelle information tombe qui nous oblige à refaire des scénarios", a dit le directeur général.
En 2025, "le marché de la beauté devrait croître entre 4 et 4,5% au niveau mondial", estime-t-il. "Nous sommes prudents, en particulier sur le début de cette année, parce qu’il y a beaucoup d’incertitudes : les taxes douanières, la situation en Europe et en France."
Cela étant, "on est en phase de conquête", a expliqué Nicolas Hieronimus. Conquêtes "géographiques" d’abord. L’Oréal "mise beaucoup sur les pays émergents" mais va aussi "beaucoup investir sur le consommateur américain".
"Le marché américain, de luxe en particulier, va rester très dynamique", "il y a encore beaucoup de potentiel", selon le directeur général de L’Oréal, qui revendique une part de marché aux États-Unis d’"à peu près 13%".
L’Oréal possède "18 marques américaines" dans son portefeuille et se prépare face au risque de taxes douanières imposées par le gouvernement de Donald Trump, en provisionnant "un peu de stock pour être prêt au cas où". D’une manière générale, excepté pour les parfums et crèmes de luxe (Lancôme, Yves Saint Laurent, Giorgio Armani...), le groupe produit "près des lieux de consommation".
"Les guerres tarifaires ou autres, on sait gérer", ajoute M. Hieronimus , "ça ne m’empêche pas de dormir, mais ça m’oblige en permanence à faire des simulations. Si on vit dans un monde où chacun se met des taxes, au final c’est surtout pas très bon pour le consommateur".
Le marché chinois n’est pas pour autant délaissé. "La Chine est dans une période de transition avec un gouvernement qui doit trouver des nouveaux ressorts pour créer la confiance des consommateurs chinois", relève M. Hieronimus. "C’est un marché dans lequel on croit. On a investi, on a créé. On a inauguré cette année un centre logistique automatisé, qui a une capacité incroyable", a-t-il souligné.
L’Oréal entend aussi partir à la "conquête" des "hommes", des "60 ans et plus" et des "nouvelles technologies".