La Fédération française des entreprises de la beauté (FEBEA) a déploré jeudi, 3 avril, que le secteur de la cosmétique et ses consommateurs pâtissent de la guerre commerciale initiée par Donald Trump, alors que les États-Unis sont l’un des principaux débouchés de la parfumerie et de la cosmétique françaises.

Pour le syndicat professionnel, il est "essentiel de ne pas répondre" aux attaques douanières de M. Trump "par une logique de surenchère". La FEBEA appelle à "construire une réponse européenne unie, calme et proportionnée", et à un renforcement de la compétitivité du secteur sur son premier débouché, qui reste le marché européen (10 milliards d’euros, soit 40% des exportations en 2024).

Impact mondial

La hausse des droits de douane aux États-Unis "aura nécessairement un impact sur l’industrie cosmétique française", regrette la FEBEA, en référence à la décision du président américain d’imposer des droits de douane additionnels de 20% aux produits en provenance de l’Union européenne.

Car "avec près de 3 milliards d’euros de produits exportés en 2024 - dont la moitié en parfumerie -, les États-Unis représentent à eux seuls 13% des exportations du secteur", indique la FEBEA dans un communiqué.

"La guerre commerciale ne fait que des perdants", ajoute la Fédération. Elle "pénalise les consommateurs américains, confrontés à une offre réduite ou des prix plus élevés", en même temps qu’elle fragilise "les entreprises européennes par une baisse de leur compétitivité ou de leurs marges", explique-t-elle.

La FEBEA observe que tous les grands pays exportateurs de cosmétiques – en Europe comme en Asie* où aucun des principaux partenaires commerciaux des États-Unis n’est épargné — sont visés par des droits de douanes. Une situation qui fait craindre à la FEBEA une "reconfiguration" du marché des cosmétiques, avec un renforcement de "la pression concurrentielle sur les autres marchés mondiaux".

On notera que les États-Unis sont eux-mêmes un important exportateur de cosmétiques, le second après la France.

"La guerre commerciale est avant tout une guerre économique : c’est la compétitivité de l’industrie cosmétique européenne — et française en particulier — qui est en question. Notre réponse doit être industrielle autant que diplomatique et menée à l’échelle du continent européen", affirme la Fédération.